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30/01/2014

Quel con! ( A mon papa)

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Je me demandais quel événement pourrait bien un jour me motiver pour me donner l’envie de reprendre ce blog sans avoir l’impression de me répéter, de ressasser, de rabâcher comme un vieil Orang-outan que je suis… les frasques de notre Hollandais Volant qui visiblement maitrise mieux les courbes féminines que celles du chômage ? la montée en puissance du Front qui fait mariner l’UMP dans son jus ? ou encore les quenelles de l’autre grande saucisse de Dieudonné qui n’en finit plus de se  prendre en personne pour la colère de Mahomet, pour le courroux du Gourou.

Non, s’il n’y avait eu que ces mornes vicissitudes je n’aurais pas pris la peine de descendre de mon baobab, j’aurais continué benoitement à tourner la tête de l’autre côté du monde une banane dans chaque oreille pour me protéger de la musique du bruit incessant, du bourdonnement des mes contemporains.

Et puis la rumeur circule,  elle enfle, elle se précise pour se révéler inéluctable : Cavanna se meurt, Cavanna est mort.

Pour la jeunesse allaitée au sein fadasse d’une presse mollassonne et prémâchée, Cavanna n’évoque vaguement qu’un homonyme de grand couturier ou un jeu pour Ps3. Pour les autres, les vieux cons ( oui, je sais il existe sans doute une catégorie entre les deux, elle n’a qu’à choisir son camp ), Cavanna, c’était un gauchiste moustachu et râleur qui passait son temps à vociférer et à proférer des insanités.

Mon père, colosse rural Gaulliste par contagion populaire, qui pestait contre la gauche, le communisme et toute la racaille marxiste de l’époque m’achetait chaque semaine Charlie-Hebdo. Il regardait seulement la couverture et  me disait : « Ha gamin ! quand même, ils exagèrent, ils s’emmerdent pas ces cocos là ! » et il rigolait.

Cavanna le Rital aux bacchantes de Russkoffs, avec sa toison de renard argenté était avant tout un écrivain sublime, un éditorialiste génial, un révolutionnaire de la presse écrite.

Je ne ferai pas de panégyrique larmoyant, d’autres s’en chargeront très bien. Je mentionnerai juste le titre d’un de ses éditoriaux les plus célèbres écrit juste après la marée noire de l’Amoco Cadiz. La télé de l’époque nous abreuvait de cormorans repeints au diesel et de macareux moines englués dans le mazout, les journalistes pleuraient de devoir patauger dans la mélasse puante pour leurs reportages, les ostréiculteurs  pleuraient sur la baisse de la consommation des coquillages, les touristes pleuraient sur leurs futures séances de bronzettes au goudron, bref tout le monde maudissait le pétrolier éventré.

 Cavanna se contenta de titrer son éditorial dans Charlie -Hebdo: « LES OISEAUX SONT DES CONS ! »

Avec un dessin de pélican mazouté.

Ca n’a pas fait rire beaucoup d’ornithologues à l’époque.

Tant pis pour eux. Qu’ils crèvent ! aurait ajouté le professeur Choron.

Cavanna était bête et méchant, il n’avait pas fréquenté l’école de journalistes gentils et intelligents.

Si vous n’avez rien à faire lisez « les Ritals », si vous vous en remettez et si après vous n’avez toujours rien à faire, lisez « les Ruskoffs »

Et si vraiment vous n’avez pas le temps méditez sa célèbre sentence :

« Si l’on plonge un illettré total et une marchande de gaufres dans un bain de yaourts et qu’on les réunit par un fil de cuivre de diamètre convenable, on obtient un courant électrique tellement faible qu’il ne peut servir à rien. »

Cavanna est mort. Bien fait. C’était un vieux con.

 

 
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