Avertir le modérateur

07/01/2015

La barbe!!

cha.jpgAprès avoir fustigé pendant un demi-siècle la connerie de l’état et de l’église, raillé  la police d’état et d’église, honni la vérité d’état et d’église, et s’être battus contre la morale d’état et d’église. Après avoir su résisté aux apparatchiks, aux censures et aux interdictions de tout poil, Charlie Hebdo vient de succomber sous les coups de boutoir sanglants d’un appareil d’état-église. Un état-église, une église-état, comble suprême de la connerie, emblème majeur de la bêtise crasse et aveugle.

Il est vrai que j’aurais pu personnellement et depuis longtemps me révolter contre des attentas tout aussi stupides et plus meurtriers que celui-ci, il est vrai que j’aurai pu donner de la voix devant des exactions et des crimes plus affreux et tout aussi odieux que celui-ci. Mais comme disait l’autre «  je n’ai pas bougé du fond de ma torpeur, les coupeurs de cheveux en quatre m’ont fait peur » et j’ai épuisé mon quota d’indignation, de colère ou de  vindicte. Reste la tristesse, dernier moteur qui me fasse démarrer au quart de tour.

Aujourd’hui, je suis simplement triste. Pourtant, je n’étais plus un lecteur de Charlie depuis des années. Cavanna me manquait, Reiser me manquait, même Choron me manquait, j’ai sans doute trop vieilli, je suis devenu un de ces vieux cons qui se font écharper au fil de leurs pages ou bien alors je ne les trouvais plus ni assez bêtes ni assez méchants.

Et dire  qu’il va falloir faire appel à tous les appareils d’Etat, police, justice et tutti quanti pour serrer et condamner ces forbans. Et dire qu’il y aura une procession de cercueils bénis par les appareils d’église pour leur rendre un dernier hommage. Les temps ont bien changé. Et dire que Marine va pouvoir s’endormir sur ses deux oreilles maintenant qu’elle n’aura plus à craindre de voir sa tronche sur la couverture de la semaine prochaine, que son papa ne verra plus Cabu dans ses cauchemars et que l’autre buse de Gilbert Collard, avocat déjà trop mûr et trop gras pourra continuer de grossir et de mûrir sans entrave.

Non, ce serait trop bête et trop méchant, il faut aider Charlie Hebdo à se relever, il faut que tous les vieux endormis de mon acabit sortent leurs sous et aillent s’abonner illico au journal ! Tiens marine, si tu veux, je te paye ton abonnement, et à ton papounet aussi mais faudra me jurer de le lire en entier.

Et puis on va attraper ces saligauds, on va les mettre dans une prison pleine d’adorateurs de Wolinsky, Charb ou Cabu qui les coinceront dans les toilettes et leur liront pendant des heures des Sourates de Charlie et de Hara-kiri et si ça ne suffit pas, le fantôme de Cavanna reviendra leur Mahomet de grands coups de pompes dans le train afin de les expédier dans les limbes où ils erreront jusqu’à la fin des temps.

29/11/2014

L'art comptant pour rien.

koones.jpgQuand je lis, c’est uniquement dans la salle d’attente chez le dentiste, en général le brave homme ayant tellement de retard, je peux me taper ‘Guerre et paix’ au moins deux fois de suite. Ce jour-là, j’avais oublié de prendre un livre, en ce moment je suis sur deux études hyper ardues écrites par Trierweiler et Zemmour , deux de nos ethnologues post-modernes les plus compétents qui font les choux gras de la presse scientifique. Du coup, je me rabats sur un de ces  magazines  fluo qu’on trouve dans les salles d’attente médicales, genre « Voleurs actuels » et « En veux-tu ?en voici. ». Comme mon dentiste est un esthète de premier ordre ( Avec ce que je lui laisse en couronnes et en bridges, il peut se payer des Van Gogh première époque), il a un journal qui s’appelle ‘Art Contemporain’ que je me mets à feuilleter rapidement. Au bout de trente secondes, je repose le journal en maugréant comme un iconoclaste que je suis « Ya que de la pub là-dedans ». Ma voisine, une charmante quadra enrobée de peaux d’animaux morts, membre de l’Otarie Club et sans doute amateur(e) d’art éclairée s’insurge :

<!--[if !supportLists]-->—     <!--[endif]-->Comment pouvez-vous dire une chose pareille ?! C’est le spécial « Jeff Koones », une merveille!

Un peu étonné mais sans me départir de ma courtoisie légendaire, je lui montre la double page intérieure : Un genre de gros chien en plastique rose et un homard rouge, surement des  attractions pour les gosses à la foire de Noël ou des enseignes pour des marchands de bonbons Haribo.

<!--[if !supportLists]-->—     <!--[endif]-->C’est pas de la pub, ça peut-être ?

Je vois la petite dame à deux doigts de tomber à la renverse :

<!--[if !supportLists]-->—     <!--[endif]-->Mais enfin, c’est du pop kitsch, c’est ce qui se fait de plus branché  en art moderne !! Koones a révolutionné le genre !

Elle n’ajoute pas « pauvre imbécile » mais je sens bien que j’y ai échappé d'un cheveu.

Je me pourpense en mon for intérieur qu’on ne me dit jamais rien à moi, que j’arrive toujours après la bataille, qu’un peintre en homard a fait une révolution et que personne m’a prévenu.  C’est vrai que j’ai jamais été très doué en Arts Plastiques, j’ai longtemps cru en regardant des œuvres de Miro que pour être aussi célèbre, il était surement mort dans sa neuvième année et que Vasarely était une marque de papiers peints pour accros au LSD.

 J’ai à peine  le temps de m’excuser  auprès de la dame de mon ignorance crasse que le dentiste m’invite à me faire limer les molaires pour une somme modique équivalente au prix d’une petite voiture citadine. Comme je suis pas du genre à aimer passer pour un demeuré, une fois chez moi, j’ouvre mon encyclopédie électronique des Grands Révolutionnaires du XXIème siècle.  Je trouve Koones juste après François Hollande et Steve Jobs et avant Jean-Pierre Pernaut et Raffarin et qu’est ce que j’apprends ! Le bougre expose justement à Beaubourg en ce moment ! Quelle chance ! Je file donc à Beaubourg. Pour les ignorants du fin fond de la province, Beaubourg c’est un musée créé par Pompidou, un bon vieux réac de droite des années 60-70 qui aimait des trucs de gauche, genre poésie, art, théâtre et tout le toutim. Attention, quand je dis de Gauche, je parle pas des clodos en salopette qui sentent le saucisson à l’ail et qui pètent à table. Je parle de la gauche bon teint, née dans le VIème arrondissement, polie avec les dames qui carbure au Taittinger dans les fêtes de charité et qui s’indigne fermement contre la montée du Front National, bref la Gauche avec un grand G, celle qui vénère Jeff Koones et qui lit Libé.

Bon , je digresse, je digresse et j’oublie l’essentiel : Jeff Koone est donc le chef de file des artistes d’aujourd’hui. La différence entre ces gars-là et vous, c’est que vous, par exemple, quand votre cafetière est en panne ou que vous démontez votre grille-pain, en général, ça finit soit à la poubelle soit aux encombrants, ben eux non, ils mettent leurs déchets ménagers aux enchères chez Christie’s et ça part comme des petits pains. Autre exemple, suite à une crise de bouffée délirante, vous repeignez votre Saint-Bernard en rouge et vous accrochez des homards roses dans votre jardin, dans l’heure qui suit, vous voyez les flics qui déboulent, les voisins qui veulent vous lyncher et vous finissez en cellule de dégrisement pour la nuit. Ben eux non, ils font leurs saletés en plein milieu du jardin de Versailles et personne porte plainte, la police dit rien et même que  les badauds s’extasient. C’est pas juste et je digresse encore.

Alors voilà, je pénètre dans l’antre sacrée de l’art moderne du Centre Beaubourg et je me rends compte que je suis encerclé par des Japonais, les Japonais, ils sont là parce qu’eux aussi ils ont un ferrailleur barbouilleur célèbre, il s’appelle Takashi mais eux ils ont une excuse, leurs homards et leurs poissons ils sont déjà cette couleur-là, rose fluo, depuis le coup de la centrale nucléaire. Je me balade dans les couloirs pendant une heure ou deux, (pas plus, pour éviter le décollement de la rétine et les aigreurs d’estomac) au moins le temps de me faire une idée en me régalant à l'avance de la critique éclairée et analytique que j'allais pouvoir pondre sur notre artiste. Hé bien, vous voulez que je vous dise ??

Jeff Koones, c’est de la vraie daube. Mais je n’y connais rien.                 

 

16/09/2014

Le chômage, c'est pas du boulot (II)

hollande0.jpg

Mr Pierre Gattaz, inénarrable patron du MEDEF, bon vivant, véritable boute-en train n’en louperait pas une pour faire rire son assemblée. ( ici, on le voit qui raconte une de ses meilleures blagues à F. Hollande)

Dimanche dernier, après un banquet sans doute un peu trop arrosé ( On appelle ça une Université d’été en langage Medef)   notre joyeux drille y va comme d’hab de sa petite histoire drôle, celle de la suppression des jours fériés pour relancer le bazar en France, évidemment on la connaissait déjà mais ça fait toujours du bien de se poiler un bon coup. Surtout qu’il la raconte bien, le bougre.

 

Bref, tout le monde se bidonne, ça s’esclaffe, ça pleure de rire !

« Une autre ! Un autre ! » hurle l’assemblée aux anges.

« Bon Ok, mais c’est la dernière, après faut bosser un peu quand même, on est Dimanche et on n’a rien foutu…Nous on n’a pas peur de travailler le dimanche pas vrai ?? Ha ! Ha ! Ha !   …Il ne resterait pas un peu de votre excellent Armagnac, par hasard? »

Et le voilà parti à raconter ses histoires devant son Travailler les jours fériés, ça ferait baisser le chômage de ceux qui travaillent pas ( les jours fériés non plus) . Bon, j’ai pas tout compris mais je suis pas patron du Medef, moi.

public hilare ( et pourtant, c’est un public de patrons, des ptits gars sérieux, pas des types qui se marrent pour un oui ou pour un non, enfin surtout pour un non…) et il a terminé sur celle du travail les dimanche et jours fériés mais comme il avait pas mal tapé dans la gourde il s’est plus rappelé de la chute, ça s’est un peu fini en eau de boudin.    Et puis tout le monde était bourré. Parait même que Laurence Parisot aurait vomi partout, c’est Emmanuel Valls qu’à été obligé de la reconduire.

Voilà les universités d’été, ça se passe comme ça au Medef. C’est un bon gros chouette tas de chics copains pas bégueules pour un sou, c’est bon enfant, ça se tape dans le dos, on se remémore la larme à l’œil le bon vieux temps d’avant l’invention de l’inspecteur du travail.

Si vous voulez vous poilez encore un peu plus, le Medef publie une anthologie «  Cent ans d’histoires drôles du patronat français » préface de Ernest-Antoine Sellières  ( E136 *)

Ce superbe volume en croute de cuir est un florilège des meilleures blagues de nos capitaines d’industrie de : 

» Si les enfants n’ont plus le droit de travailler dans les mines, ça va ruiner l’économie Française (21 Mars 1841)»

jusque « Des congés payés ?mais ça va ruiner l’économie Française !(1936) « 

en passant par «  Payer les ouvriers quand ils sont malades ? Mais ça va ruiner l’économie Française ! »

Ha que de bons moments de franche rigolade en perspective 

 *  E 136 : Conservateur à 100%.

 

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu