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02/07/2012

Des châteaux en Espagne.

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Nos instances responsables favorites n’en finissent plus de se réunir pour tenter de trouver une solution au problème européen.

Sans vouloir jouer les tatillons, je me permettrai quand même de signaler qu’une réunion au sommet pour observer un gouffre me paraît être une position un peu paradoxale.

On frise l’oxymore politique.

Au bord de ce gouffre, on pointe du doigt en ce moment l’Espagne qui-paraît-il, coince la bulle immobilière.

Je résume pour les indécrottables ignorants en matière économique que vous êtes :

 

L’Espagne a basé depuis quelques années sa résurrection économique sur le développement du bâtiment, pour cela, elle a donné tout pouvoir à deux engeances réputées pour leur humanisme, leur fiabilité et leur désintéressement.

A savoir les banquiers et les promoteurs.

Je parie que vous vous dites in petto : 

« Tiens, j’aurais pas cru que ces cocos-là aient un sens aussi aigu du bonheur de l’humanité ? »

C’est normal, vous n’y connaissez rien en macroéconomie, vous êtes des cancres, des demeurés, des ânes bâtés et en plus vous voyez le mal partout. Heureusement qu’en ce moment, nos alpinistes au sommet pensent pour votre bien ! Tiens, je sais même pas si vous le méritez.

Revenons à l’Espagne. Je vais résumer encore.

Les promoteurs font tourner leurs engins pour bétonner la Costa Del Sol et permettre aux touristes de se reposer pendant leur chômage. Pour financer tout ce bonheur en boîte, ils demandent des sous aux banques en promettant de rembourser avec du benef et expliquent que tout le monde sera content : le touriste qui pourra se baigner au milieu des autres touristes et faire pipi dans l’eau, et nous on pourra se mettre une deuxième couche de métal précieux sur nos testicules déjà bien dorés.

Vous voyez que tout cela part d’un bon sentiment.

Tout marche comme prévu, sauf la 3ème phase : Les gens n’ont pas d’argent pour acheter les appartements tout neufs ! Zut de zut !

 

Je vais vous la faire sous la forme de dialogue, c’est plus vivant :

« Bonjour monsieur le banquier, on voudrait souscrire un emprunt pour acheter un appartement au promoteur. »

« Désolé, monsieur le fauché, on n’a pas un radis en ce moment, on attend que le promoteur nous rembourse. »

« Et il compte vous rembourser quand, le promoteur ? »

« Quand il aura vendu ses appartements, pardi ! »

« Et il les aura vendus quand ? »

« Quand vous aurez trouvé de l’argent pour les acheter. »

 

Voilà, si avec ça vous n’avez pas compris pourquoi l’Europe est dans la mouise, c’est que vous êtes vraiment des ignares, heureusement que les économistes, les banquiers et les promoteurs vont se pencher ensemble sur notre gouffre. D’ailleurs, si vous êtes d’accord on pourrait même leur donner un coup de main dans leur dos pour nous aider à nous en sortir plus vite.

 

29/04/2012

un peu de promotion.

Voila, un peu de publicité pour le roman d'un ami Olivier Gérard, écrivain, réalisateur et navigateur invétéré, ( il fut même l'assistant d' Orson welles, ça vous la coupe hein??)

Je vous livre donc la critique de l'excellent site Unwalkers. Alors plutôt que de vous farcir les programmes de nos deux candidats pour savoir quoi faire dimanche prochain, faites chauffer votre carte bleue et commandez ce bouquin.

Sinon, vous avez aussi le choix de rester vautré dans votre béatitude crasse. C'est comme vous voulez.

« Te retourne pas, Handala! » d’Olivier Gérard (Kyklos) – sublime, bouleversant : LA nouvelle référence de Caco

Résumé :

Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.

Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes.

Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.

 

Mon avis :

Sans aucun doute mon 2è coup de cœur de 2012. Merci merci merci Virginie pour cette découverte !

 

Nous voilà plongés au coeur du conflit israélo-palestinien, et peut-être comme Asso, le personnage que nous suivons, bien malgré nous. Ben oui quoi, on nous en rebat les oreilles de ce conflit dont les tenants et aboutissants ne sont déjà pas clairs pour tous ceux qui s’y intéressent, alors je vous laisse imaginer ce qu’il en est du commun des mortels qui n’en sait que ce que la TV veut bien nous en dire (je vous laisse imaginer la fiabilité et l’objectivité du truc…).

Asso donc a épousé Sandra à St Dié. Mais voilà, Sandra se convertit au judaïsme et Asso, pas religieux pour deux sous, en reste pantois. Mais il accepte cette conversion. Mieux, il accepte d’aller avec Sandra s’installer en Israël, où elle souhaite vivre sa foi. Voilà la petite famille (ils ont rapidement eu un fils, Conrad) installée en Israël, Sandra dans sa foi, Asso dans sa petite vie de commerçant.

Manque de chance : si Asso est marié à une juive, il est pourtant lié d’amitié (et plus si affinité) avec des Palestiniens, rencontrés dans le cadre de ses voyages à travers le monde ou ses activités commerciales. Plus ennuyeux encore : ce philanthrope européen qui débarque pour aider à la survie d’un petit village palestinien au pied des colonies juives, n’est autre que son « père de substitution », qu’il n’a certes pas revu depuis des années, mais auquel il est pourtant resté très attaché.

Asso se retrouve donc piégé entre les extrémistes israéliens (sionistes) et palestiniens (islamistes) – notez que tout ceci rime, et revient a priori au même -, enjeu de chaque partie sans vraiment s’en rendre compte. Tout cela le dépasse largement, mais pris dans cette spirale, il n’a d’autre choix que de prendre des décisions. Plus question alors d’être raisonnable… Il s’agit de s’orienter vers « le moins pire », cet entre-deux qui finalement le perdra, faute d’avoir voulu (ou plus probablement pu en toute connaissance de cause) se positionner.

 Attention, ne cherchez pas dans ce texte une quelconque prise de position de l’auteur (quoi que je ne doute pas qu’il ait un avis sur la question) : Olivier Gérard, avec pudeur, détermination et objectivité, « se contente » de nous narrer des faits, les mêmes que ceux que nous voyons à la TV (toujours elle), mais intégrés à une histoire particulière, celle d’un homme. Il en fallait du courage pour s’attaquer à un tel sujet, à une époque où certains mots deviennent malencontreusement malheureux et dangereux. Mais non seulement Olivier Gérard s’y attelle, mais en plus il fait en sorte que nous ne puissions pas, nous lecteurs, récupérer ce texte dans une optique de parti pris. Le culot devient la plus grande qualité de l’écrivain. Aucune concession au romanesque : une telle histoire ne peut bien se terminer, aucun camp ne peut « avoir raison », aucune justification ne peut en être une, aucune raison n’est raisonnable. Asso est ce qu’il est, un homme tiraillé et dépassé par un conflit dans lequel il a été entrainé ; Zaher est un jeune homme qui pense opter pour la meilleure solution ; Sandra est une convertie qui jamais n’avait vu sa religion comme une menace ; … . Ils sont attachants de réalisme, touchant de vérité, … . Ils sont vrais.

L’écueil des raisons religieuses est évité : ce sont les hommes qui sont responsables avant tout : laissons aux Dieux ce qui leur appartient et aux hommes leurs responsabilités.

 Un livre bouleversant sur une réalité révoltante, mené avec brio par un auteur à l’écriture hallucinante de justesse, de finesse.

23/04/2012

La magie des nombres.

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Fifille a fait mieux que Jean-Marie Le Pen ou, si vous préférez, avec ses 18,06%  Marine a dépassé les borgnes.

 

18.06, c’est le pourcentage de toxines que l’on peut trouver dans un champignon vénéneux, c’est la température rectale de la vipère aspic, le poids approximatif en grammes de ce qu’il reste d’un Gilbert Collard si on le plonge dans un bain de dissolvant universel, et c’est la distance moyenne en kilomètres qui sépare un immigré de la frontière.

 

Coïncidences ou fruit du hasard, il s’agit de ne pas mettre le doigt dans l’œil, ou alors  dans le sien. Histoire qu’elle ressemble encore un peu plus à papa.

 

 
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