Avertir le modérateur

02/01/2012

Le fossé des générations

vadrouille.jpgHier Tf1 nous offrait la première surprise de l’année en programmant un inédit :‘La grande vadrouille’ à 20h30.

Film d’un autre âge où, sans souci de cohésion européenne ni de respect diplomatique l’on se permettait de pourfendre le teuton sans vergogne, de railler les casques à pointe et leur pas de l’oie, bref de prendre une revanche à peu de frais sur les envahisseurs d’hier.

C’était de bonne guerre à une époque où l’on sortait à peine d’une bien mauvaise.

Quand la Grande Vadrouille passe à la télé, je téléphone à mon père pour le prévenir d’allumer son poste, ensuite je m’installe et j’essaye d’imaginer les endroits où il se marre infailliblement devant les guignolades des deux gugusses, où il se tape sur la cuisse en rigolant ‘Ha les cons !!’ et là, moi aussi, je me mets à rire.

Je vous conseille cette méthode quand un film a usé mille fois vos cordes sensibles : pensez à quelqu’un qui le voit pour la première fois. Mon père a cette faculté inestimable de voir tous les films comme s’il les regardait pour la première fois.

En tout, il est allé 2 fois au cinéma, une première fois pour aller voir ‘La grande vadrouille’, une seconde 15 jours plus tard où il a vu ‘Les désarrois de l’élève Törless’, mais c’était une erreur, il voulait revoir ‘la grande vadrouille’ et il s’est trompé de salle.

Que Volker Schlöndorff lui pardonne, il n’a pas vu la fin. Les allemands qui font du cinéma, c’est pas son truc à mon papa sauf s’ils portent l’uniforme et sont ridicules, là, ça va, il les apprécie. Mon père ne connaît les noms que de deux acteurs, John Veine pour les films de cow-boys et l’autre c’est Bourvilélouislefuneste qui comme chacun sait, est à l’instar de Laureléardi, une seule et même entité.

J’ai bien essayé de lui expliquer au moins que c’était De Funes et pas Lefuneste, mais il m’a répondu « Qui ça ? »

J’ai laissé tomber.

29/12/2011

Cheeta a cessé de faire le singe...

Tarzan, Cheeta, jungle, Afrique, crocodile,anthropophage,scorpion,araignées, akim, zemblaNotre Mère à tous, Notre Mère universelle, notre Mater Simia Chimpanza est morte hier dans sa 80ème année.

Cheeta, la guenon qui a accompagné ma prime jeunesse et celle de tant d’autres mouflets est partie au royaume des bananiers éternels, d’un bond phénoménal, passant d’une liane à une autre elle s’en est allée retrouver Johnny Weissmuller, incomparable Tarzan, 1er homme-singe cathodique aux muscles saillants et au brushing sans huile de palme.

Quand j’étais môme, je ne rêvais que d’une chose, faire comme lui : me balancer de liane en liane, courir pieds nus dans la jungle, parler le Chimpanzé et défoncer le plexus des filles en leur disant ‘ Toi, Jane’. Bref, je voulais faire roi de la jungle !

Je ne pensais qu’à ça, ça m’obsédait. Je m’entrainais à pousser le cri de Tarzan dans ma chambre et ma mère arrivait, paniquée, se demandant dans quelle prise électrique j’avais fourré mes doigts. En sixième, j’ai choisi chimpanzé première langue, on m’a dit que ce n’était pas possible, alors j’ai pris gibbon, puis gorille, puis orang-outan, mais à chaque fois ils ont refusé.

Alors j’ai pris anglais, la mort dans l’âme, et comme prévu, ça ne m’a servi à rien.

Je voulais habiter cette Afrique mystérieuse où les terribles colonies de fourmis géantes dévoraient tout  pour ne laisser que quelques squelettes blanchis après leur passage, où les anthropophages aux dents aiguisées, aux danses extatiques vous donnaient en pâture à leurs Dieux Serpents, à leurs Totems Crocodiles, où les fleuves sombres charriaient des monceaux d’émeraudes et de diamants, où les monstrueuses araignées aux toiles gigantesques vous guettaient dans la pénombre, où les crocodiles, cachés dans les buissons, imitaient les pleurs des bébés pour vous attirer et vous emporter dans leurs tanières qui leur servaient de garde-manger.

L’Afrique, territoire vierge et inexploré, peuplé de cris, de mugissements, de rugissements, d’oiseaux multicolores, d’animaux imaginaires, des boas gros comme des arbres, des scorpions gros comme des chiens, des panthères noires dont les yeux éclairaient la nuit de la jungle, des insectes inouïs infestant des baobabs gigantesques dont la cime se perdait dans une mer de nuages, les mystérieuses montagnes interdites et inaccessibles de M’Bala Ounga où parait-il subsistait des peuplades préhistoriques d’une race inconnue que personne n’avait jamais vue mais dont les hommes mesuraient trois pieds de haut et portaient tous une massue ornée d’un crâne humain.

L’Afrique où dans le lointain retentissait le cri terrifiant de Tarzan, l’homme blanc, le Taboo-djuk-djuk. ‘Ca pas bon bwana, ça Taboo djuk-djuk, Ungawa ! Ungawa ! '

C’était l’Afrique d’avant, la seule, la vraie, celle d’Akim, de Zembla, de Tarzan, une Afrique où, avec un peu de bol ( il suffisait d’avoir un accident d’avion et d’être adopté par les singes) on pouvait devenir roi des animaux et régner sur la savane et la jungle.

J’avais de l’ambition moi ! Mais on a voulu me décourager, on m’a dit, c’est pas tout à fait comme ça, la réalité est différente. Alors j’y suis allé. J’ai pas vu de cimetières d’éléphants, mais des cimetières de voitures, les fleuves charrient des trucs à la surface mais ça ne doit pas être des émeraudes, il reste quelques animaux sauvages, mais les gardes vous virent à coups de crosse quand vous essayez de pousser votre fameux cri pour montrer que vous êtes de retour, et de toute façon, les lions ont l’air de s’en foutre.

Alors, pour me coonsoler, je me suis repassé le premier Tarzan en DVD, Cheeta était fringante et espiègle mais le film a pris un petit coup de vieux.

Je crois que moi aussi.

 

09/12/2011

Albert a les chocottes

 
foret,palissandre,gibbon,experts,tropicaleforet,palissandre,gibbon,experts,tropicaleL'autre soir sur Arte: ‘Comment ils détruisent la forêt tropicale’ :

Robert, industriel sans scrupule, déboise à tour de bras les essences rares de la forêt pour se faire de la thune et fournir en matière première les violoneux de tous les orchestres du monde qui pourront nous jouer la Vème de Beethoven avec un instrument à la résonance suave et à l’odeur délicate, un mélange de Palissandre et de sang... de gibbon.
Bernard, un militant sans scrupule lui met des bâtons dans les roues en diffusant des reportages sur Arte mais Robert s’en fout, il sait que personne ne regarde Arte et en prime il lui pique ses bâtons pour les revendre à prix d’or.
C’est le 425ème épisode de la saga, ça dure depuis 45 ans et les Orangs-outans commencent à faire la gueule vu qu’ils manquent de place sur leur canopée-lit.
Dans la foulée, sur la même chaîne et s’il vous reste un peu de Prozac un autre reportage sur le sauvetage des gorilles au Congo. Les gorilles sont pas malins, ils vivent dans les arbres du précédent reportage, ne jouent que médiocrement du violon et ne regardent pas Arte non plus, ils ne savent donc pas qu’ils sont en voie de disparition, bref, ils ne servent à rien, sinon à effrayer les bucherons qui essayent de bosser.
Bon, évidemment, pour cette longue soirée : dépressifs, anxieux et amoureux de grosses bêbêtes s’abstenir, ainsi que ceux qui ont le moral à zéro en ces temps un peu poisseux.

Moi je m’en fous, je me tape les Experts sur la 1, engoncé jusqu’au bulbe rachidien dans mon divan moelleux de chez Roche-Bobois, tout en ébène et bois de rose en grignotant des biscuits à l’huile de palme… Tiens l’huile de palme, faudra que je vous en touche deux mots un jour.

 
Toute l'info avec 20minutes.fr, l'actualité en temps réel Toute l'info avec 20minutes.fr : l'actualité en temps réel | tout le sport : analyses, résultats et matchs en direct
high-tech | arts & stars : toute l'actu people | l'actu en images | La une des lecteurs : votre blog fait l'actu