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07/06/2012

La roue tourne.

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Ray Bradbury, grand empapaouteur de martiens et visionnaire apocalyptique a cassé sa pipe intersidérale hier le 6 Juin. L’auteur de Farenheit 451 était le créateur entre autres de multiples nouvelles peuplées d’araignées géantes et de robots lubrifiés à l’huile de synthèse. Le problème aujourd’hui avec ce genre de littérature, c’est qu’aussi visionnaire et pessimiste que puisse se révéler tout auteur de romans d’anticipation qui se respecte, aucun n’aura assez d’imagination pour prévoir, par exemple, que des extra-terrestres prendraient le pouvoir en Syrie et mettraient le pays à feu et à sang, ou qu’on exterminerait les rhinocéros à coups de rayons laser pour redonner un peu de virilité à tout un peuple asiatique en pleine débandade. ( Regardez le reportage sur A2 ce soir)

Remarquez, ça fonctionne la poudre de corne, ils sont des milliards en Asie.

Non, vraiment, les écrivains pondraient des trucs pareils on leur dirait: Faut pas exagérer, là on nage en pleine science-fiction !

 Un petit dialogue extrait de ses ‘chroniques martiennes.’en 1954:

        Nous n’abimerons pas Mars, c’est un monde trop vaste et trop avantageux.

 

    Vous croyez ? Nous autres terriens avons le don d’abimer les grandes et belles choses.

Quel boute-en-train, ce Ray ! Mais bon, un peu léger dans le domaine de la prédiction.

Un autre maître de la terreur et de l’épouvante à failli y passer récemment, Christophe Dechavanne, petit histrion gesticulateur du PAF a fait paf avec son chien, percuté par une moto dont la roue de l’infortune lui a un tantinet égratigné les côtes.

La moto avait été gagnée dans un de ses jeux dont la télé a le secret par un candidat alcoolique. Juste retour des choses.

Souhaitons à Christophe un prompt rétablissement afin qu’il nous abreuve à nouveau d’émissions bien plus horribles que les plus horribles nouvelles de Bradbury et qui peupleront nos nuits de cauchemars sudorigènes voire énurétiques.

 

14/05/2012

C’est pas tous les jours dimanche.

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C’est une habitude vieille comme la Bible, les catholiques traditionnels ( prononcez : ULTRA) , dès qu’on ne chatouille plus leur dogme dans le sens du chapelet sortent de leurs trous pour hurler à l’impie, à la débauche, à la conspiration diabolico-socialiste.

La dernière fois, j’en avais déjà fait un petit article, ces bougres de calotins s’étaient émus à cause d’une pièce de théâtre anodine qu’ils jugeaient sacrilège et nos très-croyants ( prononcez : réactionnaires) avaient défilé en procession pour la faire interdire.

Aujourd’hui, on les retrouve défilant en rang d’oignons, le crucifix dans une main, l’ancien testament dans l’autre s’insurgeant contre le mariage des homos, l’avortement, l’euthanasie et le vote des étrangers. Tout un tas de péchés mortels que nos fervents catholiques malgré leur infinie bonté, leur grande miséricorde, leur amour du prochain et leur résistance aux allergènes ne peuvent pas tolérer sans choper de l’urticaire, fût il divin.

Ceux qui ont voté pour le candidat du Diable doivent déjà s’estimer heureux de ne pas avoir été foudroyés sur place, réduits en poussière et expédiés pour les siècles des siècles dans les flammes de l’Enfer, alors qu’ils ne s’avisent pas de remettre ça aux législatives, il pourrait leur en cuire.

Errare Humanum Est, Perseverare Diabolicum.

Au risque de me répéter, je réitère que le secrétaire général de Civita, Alain Escada, chef de file de toute cette bande de gugusses, ne montre jamais son nez pieux quand il s’agit de famine, de pauvreté, de guerre où de pédophilie institutionnelle, il ne bouge pas d’un poil de cul de grenouille de bénitier. Ces petites vétilles ne le choquent pas, elles sont l’œuvre de Dieu et les voies de Dieu sont plus impénétrables que les bigotes de son groupuscule.

C’est pas les sans-abri qui le gènent, c’est les sans-papier, c’est pas ceux qui ne mangent pas à leur faim tous les jours qui le chagrinent, c’est ceux qui ne mangent pas l’hostie tous les dimanches.

On a les priorités à droite qu’on peut.

 

Pour Alain Escada, l‘humanisme n’est qu’une perversion créée par les athées pour échapper aux lois de l’Eglise. Pour ses disciples l’euthanasie est une hérésie.

Remarquez, là, je suis plutôt d’accord pour que, l’heure venue, on les laisse crever dans d’atroces souffrances.

Pour l’avortement, c’est trop tard.

 

29/04/2012

un peu de promotion.

Voila, un peu de publicité pour le roman d'un ami Olivier Gérard, écrivain, réalisateur et navigateur invétéré, ( il fut même l'assistant d' Orson welles, ça vous la coupe hein??)

Je vous livre donc la critique de l'excellent site Unwalkers. Alors plutôt que de vous farcir les programmes de nos deux candidats pour savoir quoi faire dimanche prochain, faites chauffer votre carte bleue et commandez ce bouquin.

Sinon, vous avez aussi le choix de rester vautré dans votre béatitude crasse. C'est comme vous voulez.

« Te retourne pas, Handala! » d’Olivier Gérard (Kyklos) – sublime, bouleversant : LA nouvelle référence de Caco

Résumé :

Marié à Sandra, une femme qui a embrassé le judaïsme et tenait à faire l’alyah – le retour en Terre Sainte – Asso se retrouve à gérer une boutique d’articles de sport au cœur de la plus riche colonie juive d’Israël, à deux pas de Jérusalem. Son existence monotone aurait coulé sans histoire… c’était compter sans l’irruption de celui qui fut jadis son mentor : Mossan, l’homme qui, en s’appropriant son adolescence au point de vouloir faire de lui son double, a suscité sa haine.

Devenu pdg planétaire, Frank Mossan joue les philanthropes et s’avise de vouloir rendre l’eau à un village palestinien de la Vallée du Jourdain au bord de la sécheresse en le dotant des panneaux solaires qu’il fabrique. Soulevant un tollé dans la communauté juive d’Israël et chez ses colons, l’intrusion de Mossan déchaîne tout autant la fureur des terroristes islamistes.

Pris entre deux fanatismes, jeté dans la tourmente qu’ils attisent, montré du doigt comme ancien protégé du milliardaire Mossan, Asso devient, à son corps défendant, le jouet d’un complot infernal.

 

Mon avis :

Sans aucun doute mon 2è coup de cœur de 2012. Merci merci merci Virginie pour cette découverte !

 

Nous voilà plongés au coeur du conflit israélo-palestinien, et peut-être comme Asso, le personnage que nous suivons, bien malgré nous. Ben oui quoi, on nous en rebat les oreilles de ce conflit dont les tenants et aboutissants ne sont déjà pas clairs pour tous ceux qui s’y intéressent, alors je vous laisse imaginer ce qu’il en est du commun des mortels qui n’en sait que ce que la TV veut bien nous en dire (je vous laisse imaginer la fiabilité et l’objectivité du truc…).

Asso donc a épousé Sandra à St Dié. Mais voilà, Sandra se convertit au judaïsme et Asso, pas religieux pour deux sous, en reste pantois. Mais il accepte cette conversion. Mieux, il accepte d’aller avec Sandra s’installer en Israël, où elle souhaite vivre sa foi. Voilà la petite famille (ils ont rapidement eu un fils, Conrad) installée en Israël, Sandra dans sa foi, Asso dans sa petite vie de commerçant.

Manque de chance : si Asso est marié à une juive, il est pourtant lié d’amitié (et plus si affinité) avec des Palestiniens, rencontrés dans le cadre de ses voyages à travers le monde ou ses activités commerciales. Plus ennuyeux encore : ce philanthrope européen qui débarque pour aider à la survie d’un petit village palestinien au pied des colonies juives, n’est autre que son « père de substitution », qu’il n’a certes pas revu depuis des années, mais auquel il est pourtant resté très attaché.

Asso se retrouve donc piégé entre les extrémistes israéliens (sionistes) et palestiniens (islamistes) – notez que tout ceci rime, et revient a priori au même -, enjeu de chaque partie sans vraiment s’en rendre compte. Tout cela le dépasse largement, mais pris dans cette spirale, il n’a d’autre choix que de prendre des décisions. Plus question alors d’être raisonnable… Il s’agit de s’orienter vers « le moins pire », cet entre-deux qui finalement le perdra, faute d’avoir voulu (ou plus probablement pu en toute connaissance de cause) se positionner.

 Attention, ne cherchez pas dans ce texte une quelconque prise de position de l’auteur (quoi que je ne doute pas qu’il ait un avis sur la question) : Olivier Gérard, avec pudeur, détermination et objectivité, « se contente » de nous narrer des faits, les mêmes que ceux que nous voyons à la TV (toujours elle), mais intégrés à une histoire particulière, celle d’un homme. Il en fallait du courage pour s’attaquer à un tel sujet, à une époque où certains mots deviennent malencontreusement malheureux et dangereux. Mais non seulement Olivier Gérard s’y attelle, mais en plus il fait en sorte que nous ne puissions pas, nous lecteurs, récupérer ce texte dans une optique de parti pris. Le culot devient la plus grande qualité de l’écrivain. Aucune concession au romanesque : une telle histoire ne peut bien se terminer, aucun camp ne peut « avoir raison », aucune justification ne peut en être une, aucune raison n’est raisonnable. Asso est ce qu’il est, un homme tiraillé et dépassé par un conflit dans lequel il a été entrainé ; Zaher est un jeune homme qui pense opter pour la meilleure solution ; Sandra est une convertie qui jamais n’avait vu sa religion comme une menace ; … . Ils sont attachants de réalisme, touchant de vérité, … . Ils sont vrais.

L’écueil des raisons religieuses est évité : ce sont les hommes qui sont responsables avant tout : laissons aux Dieux ce qui leur appartient et aux hommes leurs responsabilités.

 Un livre bouleversant sur une réalité révoltante, mené avec brio par un auteur à l’écriture hallucinante de justesse, de finesse.

 
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